Rédigé par nolimit Le 4 - mai - 2013 1 Commentaire

 

 

Posté sur le toit de la centrale électrique des Carpates, je regardais, immobile , la lune, elle était pleine ce soir là et ces rayons illuminaient la vallée en contre-bas. Le temps était plutôt doux pour la saison, un léger vent balayait la neige fraîchement tombée. Du coin de l’œil, je surveillais le château sur la colline en face. Il était bientôt l'heure, je pris deux grosse bouffée de cigarette et la jetai au loin. D'un pas léger je me dirigeais vers mon poste de tir où ma bonne veille winchester m'attendait sagement. On n'en faisait plus des comme ça, mais sa précision exemplaire en faisait mon arme favorite. Je me couchais à côté et la calais de mon épaule, l’œil contre le viseur, je commençais à scruter les fenêtres château. Au bout d'un moment l'une d'elle s’éclaira au dernier étage. En la fixant, je le vis, l'homme par qui tout avait commencé et par qui tout devait finir. À ce même moment, une abeille passa devant mon viseur, la vue de cet insecte me rappela à mon passé.

C’était il y a une quinzaine d'années. À cette époque , je vivais avec mes parents dans la région. Mon père était un riche investisseur et partait très souvent à l'étranger avec ma mère. Mais ce jour là il était à la maison. C’était mon dix-septième anniversaire et pour l'occasion ma mère avait fait à manger, ce qui était plutôt rare. La soirée était déjà bien avancée et j’étais remonté dans ma chambre quand, tout à coup, un grand fracas venant du rez de chaussée me sortit de ma torpeur. Quelques secondes plus tard j’entendis les cris de ma mère, vite suivis par ceux de mon père. N’écoutant que mon courage , je pris ma batte de base-ball posée sur l’étagère et ouvris rapidement la porte. Quelle ne fut pas ma surprise de me retrouver devant une montagne humaine. Il avait le crâne rasé et le regard vide. D'une main il attrapa la batte et de l'autre m’agrippa le cou. Sans même avoir l'air de forcer, il me souleva de terre, la batte m’échappa des mains et tomba sur le sol. L'homme me dévisagea quelque seconde puis s’écria :

– J'ai trouvé le gamin, patron !

il me reposa alors à terre, m'agrippa par le col et me traîna en dehors de la chambre, puis à travers les escaliers. Arrivé en bas, il me jeta sur le parquet du salon. Me redressant difficilement, l'horreur me prit en découvrant mes parents égorgés à mes pieds. À côté se trouvait un homme, il portait un uniforme soviétique, sa peau était très pâle et ses yeux transpiraient la haine, il tenait dans sa main une dague ensanglantée. Il la pointa dans ma direction et s’esclaffa :

– Alors voilà une de ces maudites abeilles, Nous allons le ramener au château et je prendrai plaisir à lui arracher les ailes.

La seconde d’après je reçus un coup sur la nuque puis le trou noir.

Quand je repris Conscience, je me trouvais dans une cellule, les murs de pierre ensanglantés portait les stigmates de ce qu'avait pu être l'horreur dans ce lieux. La lourde grille devant moi, bien que veille paraissait des plus solides. La seule lumière qui éclairait ma cellule venait d'une petite meurtrière. Les semaines passèrent, les tortures quasi quotidiennes paraissaient amuser l'homme qui me retenait captif. Mais un jour, des bruits d'armes automatiques se firent entendre à travers la meurtrière. Une dizaine de minutes plus tard, la porte du donjon s’ouvrit d'un coup. Un homme entra, il était tout de noir vêtu et portait une cagoule. Dans son dos on pouvait voir une sorte de fusil d’assaut, il portait également deux magnifiques magnums noirs dans des holsters de hanche. Mais le plus frappant était une abeille posée sur son épaule. D'un geste brusque, l'homme sortit un de ses magnums et la pointa dans ma direction, mon sang ne fit alors qu'un tour. Il me regarda dans les yeux et dit d'une voix calme :

– Nous te surveillions Kyo.

Il abaissa alors son arme et tira deux coups de feu sur la serrure qui vola en éclats. Sans dire un mot de plus, il tourna les talons et repartit par ou il était venu. Après quelques minutes d’hésitation, je sortis de la cellule et montai le petit escalier donnant sur la porte du donjon. De l'autre côté se trouvait le hall, des cadavres de gardes gisaient au quatre coins de la pièce. Et une grande porte blindée fermait ce qui devait être l’accès aux étages supérieurs. Je me dirigeai promptement vers la porte principale, sortis discrètement et retrouvai rapidement la route qui allait vers les habitions en contrebas.

Après une demi-heure de marche sous la neige, j’apercevais enfin le chalet familial. Je remarquai très vite les deux tombes fraîchement creusées. Deux croix y étaient plantées et on pouvait y lire gravé au couteau NoLimit et Arma.

Arrivé au niveau de la porte, mon cœur s’emballa, la vision de ce qui s’était passé me hantait à nouveau. J’ouvris la porte doucement, rien ne semblait avoir été bougé à l’intérieur, seules restaient deux mares de sang séchées au milieu du salon. En voyant cela, décision fut prise d'aller voir la police. Je montai à l'étage, pris quelques affaires dans ma chambre et en redescendant, mon regard s’arrêta sur une photo encadrée au mur. Elle représentait mes parents et moi durant un voyage en Égypte. C'était une des rares photos de famille que nous avions. Je pris donc la décision de l'emporter mais au moment où je la décrochai, un cliquetis se fit entendre et une porte dissimulée sous l'escalier s'entrouvrit légèrement. Derrière se trouvait une petite pièce, sur un des murs il y avait une collection d'armes diverses et variées. Sur le mur en face étaient accrochées des photos de personnes et d'étranges animaux. Au fond de la pièce se trouvait un bureau avec un ordinateur, un lecteur d’empreinte et une petite boite aux motifs étranges. En posant ma main sur le lecteur, l'ordinateur s’alluma et le visage de mon père apparut sur l’écran et une vidéo commença.

– Mon fils, si tu vois ce message, c'est qu'ils nous est arrivé malheur et que tu as trouvé la pièce. Nous avons des choses importantes à te dire. Comme tu peux t'en douter, nous ne sommes pas des investisseurs, nous travaillions pour une société secrète appelée Dragon qui surveille l'équilibre du monde. La deuxième chose que nous devions te dire, c'est que tu n'es pas notre fils biologique mais nous t'avons aimés tout autant. Un homme est arrivé un jour au chalet, il te tenait dans les bras, les deux choses qu'il a dit avant de succomber étaient de te protéger et de te donner cette boite à ta majorité, que nous ne devions pas chercher à l'ouvrir, que c'était impossible, qu'elle s'ouvrira quand le moment sera venu. Voilà, si tu cherches d'autres réponses, rends toi à l’hôtel Kumoha. Une dernière chose : nous t'aimerons toujours ta mère et moi.

La vidéo se termina sur ces mots. Au vu de ce que je venais de découvrir, la police n'était plus la bonne option, je décidai donc de me rendre à Séoul.

Après quelques jours de voyage, je me retrouvais devant l’hôtel, il pleuvait à verse mais une jeune du coin m'avait dit que c'était courant par ici. Avant que je ne rentre dans l’hôtel un homme m'aborda.

– Tu est en retard Kyoshiro, va au temple un peu plus bas, les réponses que tu cherches se trouvent là-bas.

Je me dirigeai donc vers le temple. C'est là que je rencontrai la tête du Dragon. On m'expliqua que mes parents était des assassins au service du Dragon, que leur nom de code étaient NoLimit et Arma. Après plusieurs jours de réflexion, je décidai donc de m'engager moi aussi dans leur combat mais à une seule condition : la vengeance. Je passais ensuite cinq années dans un temple à apprendre la plupart des art-martiaux mais aussi le maniement des armes à feu et des armes blanches. Les dix années suivantes je travaillais pour le Dragon au quatre coins du globe. Et enfin je me retrouvai sur ce toit avec comme seul cible la vengeance.

Je reprenais doucement mes esprits, l'abeille qui était passée devant mon viseur vint se poser sur mon épaules et à ce même moment, un cliquetis venant de ma poche se fit entendre. Je sorti la petite boite léguée par l'homme mystérieux. Elle s'était légèrement entrouverte. Dedans se trouvait une carte fait d'un alliage inconnu, dessus on pouvait y lire TU ES NAVA.

Kyoshiro NoLimit Montana.

 

Image : Jeux de miroir @Bordeaux (by Bérenger ZYLA)

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Une reponse so far.

  1. Dwarlin dit :

    Merci beaucoup pour cette super soirée 🙂

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